Enfin, le fameux départ est arrivé... le billet pour Santiago en poche, départ annoncé pour le 14 novembre 2010, pratiquement 4 ans après mon départ pour le tour du monde. A la recherche de mon Eldorado à moi, ma cité des Dieux.

Wednesday, January 26, 2011

San Pedro de Atacama


Mercredi 12 janvier, début d'après midi, je pose mon pied sur le sol poussiéreux de ce "world famous" village : San Pedro de Atacama (SPA).
Village oasis à 2436 m, constitué de maisons d'adobe aux couleurs beige/rosé, avec ses rues en terre/poussière. Il est situé dans la vallée du Rio San Pedro dans le désert d'Atacama considéré comme le plus aride du monde.
Ce village doit sa célébrité essentiellement au fait qu'il est le point de départ pour de nombreuses excursions (notamment le Salar d'Uyuni en Bolivie), néanmoins sa tranquillité, son côté international, ses maisons et sa magnifique petite église datant du XVII° siècle, en font un lieu à part. L'aspect touristique a attiré beaucoup de restaurateurs, hôteliers divers, ce qui fait qu'on peut y déguster des excellentes pizzas, tartes au chocolat, etc pour des prix relativement modique.

Je m'installe à l'hostal Sonchek détenue par une slovénienne. L'hostal est constitué de plusieurs petites cabanes d'adobe, donnant sur une cour interne en pierre mais possédant aussi un patio à l'arrière avec quelques hamacs et des tables. Les filles qui s'occupent de nous sont toutes très sympathiques.
J'ai rencontré dans le bus une petite famille française, deux frères, Arnaud et Thomas, et la polola de Thomas, Laetitia. Ils ont entre 25 et 30 ans. Ils viennent plus ou moins d'arriver de France et ont un mois pour aller de Santiago à Lima, tout comme moi ils veulent faire le tour de 3 jours au Salar d'Uyuni. Nous nous inscrirons dans la même agence "Estrella del Sur" pour le faire ensemble.

Je passe ma première après midi à fainéanter, prendre mes marques et à m'inscrire à des tours.
Dès le lendemain matin, levé à 3h30 du matin, départ à 4h00 pour aller voir le réveil des Geysers del Tatio situés à environ 100 km plus au nord.
Nous arrivons vers 7h00 du matin dans ce paysage lunaire, nous sommes à 4321 mètres et il fait - 8 °C. J'aurai du mettre mon collant car mon jean n'est pas suffisant, pour le reste ça va, j'ai un bonnet en laine, trois couches sur le torse et mes gants en soie.
Au levé du soleil, avec les différences de températures, les geysers se réveillent en crachant de l'eau généré par des flux violents de vapeur qui peuvent aller jusqu'à 10 mètres de hauteur. Ce terrain géothermique est constitué de 40 geysers, 60 sources d'eau chaude, et 70 fumerolles sur une surface de 3 km².
On a l'impression de se retrouver dans un paysage d'apocalypse néanmoins les centaines de touristes créent une note humour.

Nous sommes de retour à SPA vers midi. Je retrouve ma petite famille française qui m'apprend que Laetitia souffre énormément du mal d'altitude et qu'ils ont donc décidé de repousser le tour d'Uyuni d'une journée. Décidant de faire de même je m'inscris à un autre tour pour le lendemain via l'agence Desert Adventure.
Le tour "Lagunas altiplanicas y Salar" nous fera passer par le village de Toconao (40 km de SPA) constitué uniquement de maisons en pierre volcanique blanche : la liparita, donnant au village un aspect très différent des autres. Cette pierre est similaire à la pierre ponce mais un peu plus lourde, c'est aussi un excellent isolant. Le Quebrada de Jere se trouve juste à côté de Toconao, c'est une oasis verdoyante où on cultive toute sorte d'arbres fruitiers, au fond de sa gorge court une eau cristalline.
Nous bifurquerons ensuite sur le Salar d'Atacama, 3° salar plus grand du monde (après celui d'Uyuni en Bolivie et de Salt Lake aux US). Riche en minéraux, notamment le borax, potassium et 40% des réserves de lithium, le Salar est un lieu de résidence de 3 des 5 espèces de flamands roses, l'Andin, le Chilien et le James (uniquement en hiver).
La Laguna Chaxa se trouve dans le secteur de Soncor du Salar. Soncor est composé de lagons et marécages. Sur la surface du Salar, on observe des croûtes de sel générées par l'accumulation des cristaux produit par l'évaporation des eaux salées souterraines, certaines peuvent atteindre 70 cm de hauteur. On trouve aussi des lagons boueux peu profonds, tel la Laguna Chaxa, où les flamands roses, ainsi que d'autres volatiles, trouvent leur nourriture.
En continuant vers le sud, à 110 km de SPA et à 4000 m d'altitude, se trouve les lagunas Miscanti et Meñiques d'un bleu intense. Ces lagons servent de résidence à plusieurs espèces de flamands, canards mais aussi aux Vicuñas, aux renards et quelques espèces de souris Raton Tuco, Raton Olivaceo.

Sur le chemin du retour, à une vingtaine de km de SPA, nous tomberons en panne d'essence et devrons attendre sous qq arbres (beaucoup de chance de tomber en panne juste à l'endroit où il y'avait qq arbres !) que l'agence nous apporte un bidon d'essence. Ceci fait partie des joies du voyage !!
Voilà, je pars demain pour faire mon tour d'Uyuni, néanmoins, contrairement aux autres, je reviendrai ici (mon tour durera donc 4 jours au lieu de 3) et au retour je ferai un autre tour, celui de la Valle de la Luna, qui se fait au soleil couchant afin de profiter du jeu des lumières sur les diverses collines, canyons. Je reprendrai le même tour operator car j'ai bien aimé la guide, Angela. Cette vallée est le résultat de l'érosion des montagnes de sel, mais avec la poussière environnante, tout le sel est recouvert d'une couche ocre.

Tuesday, January 25, 2011

Région de La Serena



La Serena est une ville côtière située dans la vallée d'Elqui à 500 km au nord de Santiago, ses plages et son climat sont très prisées par les chiliens et les argentins qui affluent en janvier et février. En dehors de cela elle n'offre guère d'intérêt.
Les parents de Danny habitent là, nous y passeront le réveillon du 31. Comme pour Noël la bouteille de Coca Cola ne manque pas à l'appel, ici elle est même servie tiède, hummm ! mais une bouteille de vin rouge, un peu tiède à mon goût, fera diversion.
Le 2 janvier je pars pour Vicuña, je m'enfonce dans la vallée.

Vicuña et la Vallée d'Elqui.
A environ 66 km de La Serena à l'intérieur des terres se trouve Vicuña, petite bourgade agréable où je me poserai la première nuit pour aller voir les étoiles. L'air sec et les ciels sans nuages des vallées environnantes de La Serena donnent des conditions exceptionnelles pour l'observation des astres qui nous entourent, de par ce fait, de nombreux observatoires sont distribués à travers les vallées, deux d'entre eux sont accessibles au public.
Je réussi à m'inscrire pour le soir même mais pour la deuxième session (départ à 22h00) à l’observatoire del Panque situé à 16 km de Vicuña. Ce soir là nous aurons une chance extraordinaire car le ciel sera d'une clarté sans aucune turbulences ce qui nous permettra de voir les éruptions sur l'étoile Eta Catarina, signes précurseurs d'une prochaine mort que tout astronome attend avec impatience vue que d'après la taille monstrueuse de cette étoile, elle devrait donner une supernova, phénomène pratiquement jamais observé dans l'histoire de l'homme, seul qq rares témoignages ont été recueilli de par le monde dans un lointain passé.
La mort d'une telle étoile devrait provoquer une explosion d'une telle intensité qu'il devrait faire jour pendant plusieurs nuits sur la terre entière, elle est heureusement assez loin pour que notre planète ne soit pas plus affectée par cette explosion.
L'observatoire del Panque est assez récent, c'est un astronome français toulousain qui l'a installé. Il est uniquement dévoué au tourisme. C'est aussi le seul où un véritable astronome vous sert de guide, il a d'ailleurs formé les guides des autres observatoires dédiés au tourisme.
On ne réalisera qu'à la fin que nous sommes tous les deux français, il a un accent doux et hispanique quand il parle en anglais et mon accent anglais et aussi dépourvu d'accent français. Nous n'étions que trois touristes avec deux guides et le ciel entier pour rêver...
Le lendemain, je pars pour Pisco Elqui, petit village au fond d'une vallée verdoyante à environ 40 km de Vicuña. Toute la vallée d'Elqui est cultivée, beaucoup de vignes uniquement pour le fruit qui est exporté dans nos pays, mais quelques arbres fruitiers aussi, des abricotiers, des figuiers, etc.
C'est aussi la région du Pisco, alcool de 40/50 ° issue du raisin est surtout la base du fameux Pisco Sour.
Je m'installe dans un camping pratiquement désert, ma tente est plantée sous un saule pleureur, à quelques pieds au dessus d'un ruisseau gargouillonant. Bling Bling (BB) est garée juste devant afin de profiter de l'ombre elle aussi.
Les toilettes et douches sont situés dans une petite bicoque de bois au dessus de mon campement, sur une petite falaise qui surplombe le ruisseau.
Plusieurs affiches proposent divers massages reiki, ayurvédiques, etc, souvent les mêmes personnes peuvent aussi vous déchiffrer votre futur. Nous sommes au pays des hippies à forte influence indienne.
Dans une vallée voisine, la vallée de Cochiguaz, se trouve plusieurs campements "New Age". Elle est réputée pour être un haut centre énergétique magnétique. La localisation de cet endroit spécial est 30º Sud et 70º Ouest. Depuis 1960 beaucoup de fraternités ésotériques liées à l'astrologie, au yoga et à la méditation, ont monté leurs communautés dans l'Elqui. Toute la vallée se trouve aujourd'hui baignée dans cette ambiance.
On prétend même que cet endroit attire les visites d'êtres des autres mondes...

Le lendemain de mon arrivée dans ce havre de paix, en fin de journée, alors que je viens juste d'arriver dans la cabane où se trouve les toilettes/douches j'entends le toit en zinc qui craque, puis un grondement sourd envahit l'espace, le sol tremble sous mes pieds. J'ouvre la porte du cabanon, la vallée s'offre à mes yeux, pas âme qui vive, aucun bruit autre que ce monstre sous mes pieds qui grogne de fureur.
C'est lugubre, angoissant, gigantesque. Il ne tient qu'à ce monstre de se fâcher réellement et de tout détruire. Mais quelques secondes après le bruit s'amenuise et les chiens commencent à aboyer de toute part.
Ce fût ma première expérience, cette fois ci je ne suis pas passée à côté, la bête m'a prise dans son sillage et m'a laissé sauve. Je pense que je me passerai de sa présence dorénavant.

Je décide de m'inscrire à une balade à cheval de deux jours dans la vallée de Cochiguaz. On doit rejoindre la laguna de los Cepos, à 3000 m et camper là haut.
Le matin de notre départ je fus fort surprise d'apprendre que nous n'étions que deux à participer à cette excursion, de plus la deuxième était une femme française de mon âge !! incroyable !
Je fis donc la connaissance d'Elizabeth, très belle femme brillante, elle aussi à la recherche de sa voie.
Avec nous se trouve notre guide, Antonio un Huaso (équivalent du gaucho argentin) intéressant et calme, ainsi qu'un jeune stagiaire en tourisme de 23 ans venant de Santiago.
On part en longeant la rivière pour finir par monter et arriver à la fameuse lagune de los Cepos, d'un vert sombre. Seul Sebastiano et moi auront le courage de nous baigner dans cette eau fraîche
Le site est très beau, entouré de montagnes. Nos chevaux et notre mule paissent en liberté de l'autre côté de la lagune. Notre dîner sera royale, préparé par Sebastiano qui semble très enthousiaste par toute cette aventure et effaré en apprenant nos ages, sur quoi Antonio dira qu'on fait aussi jeune parce qu'on est heureuses...if only !!! enfin, au moins on essaie de le trouver ce bonheur.
Le lendemain en fin de matinée, nous monterons un peu plus haut pour nous retrouver dans une petite vallée recouverte d'une poussière couleur rouille, très légère, qui nous recouvrira entièrement avec nos montures.


Puis retour au campement pour un déjeuner copieux et lévement du camp.
Antonio nous laissera partir devant pendant qu'il aidera un autre guide à décharger sa mule. Hélas Sebastiano ne reconnaîtra pas le chemin et arrivé devant une barrière pensera s'être trompé (alors que nous étions sur la bonne voie) et fera machine arrière alors qu'Eli et moi l'attendrons en bas de la côte. Ce n'est qu'une fois redescendu en compagnie d'Antonio qu'on réalisera que cet abruti avait déchiré les flancs de son cheval avec son éperon, Dieu merci il n'en avait qu'un qu'Antonio lui avait donné au début de la chevauché. Moi qui avait déjà fait la grimace à la vue de ces instruments, je n'ai pas pu m’empêcher de lui dire qu'il ne devrait jamais passé ce genre d'objets à des débutants et qu'une petite branche faisait aussi bien l'affaire tout en ne faisant pas de dégâts. le gosse était en larmes en constatant ce qu'il avait fait, Antonio dégoûté de retrouver son cheval avec un flanc lacéré et en sang.
Je vérifie toujours l'état des chevaux dans ces pays là, Antonio était un bon homme de cheval, il s'occupait bien de ses bêtes, même si elles ne recevaient pas d'extras, elles étaient traités sans brutalités et avec beaucoup de calme. Mais un gamin avec un jouet dangereux ne sait souvent pas maîtriser ses emportements, Antonio aurait du le savoir.
Malgré cet incident, la balade s’achèvera sur une bonne note.
Eli et moi seront ravies de retrouver une bonne douche et un vrai lit une fois de retour à Elqui.
Le lendemain nous irons nous faire masser par l'une de ses fameuses hippies qui au final ne sait pas plus masser que nous !
Nous partirons en fin de journée pour Vicuña ou nous passerons une dernière nuit ensemble avant que nos chemins se séparent, Eli part sur Santiago rejoindre un ami et je veux visiter la vallée de Limari.

Limari Valle et retour à La Serena
La Vallée de Limari suit la rivière Limari, tout comme dans la vallée d'Elqui, le seul endroit qui est vert est le fond de la vallée alors que tout le reste est super sec, de la rocaille. Les premiers 77 km entre Vicuña et Hurtado sont relativement sec, puis je retombe dans le même genre de paysage qu'avant, des cultures au fond des vallées, les maisons juste au dessus, puis des montagnes pelées.
Je m’arrête au Monumento Natural Pichasca où l'on peut voir des troncs d'arbres momifiés datant de 65 millions d'années ! plus tard je visite al Valle del Encanto, l'un des sites archéologiques les plus important du Chili où je peux observer plusieurs pétroglyphes sur les divers rochers ayant été fait par la civilisation Molle, soit 700 ans avant JC.



Je passerai la nuit dans un hôtel balnéaire de los Socos, lieu réputé pour ses eaux. Le lendemain matin avant de repartir, je me poserai une demi heure dans un bain chaud à remous....aaahhhh!
Me voilà parti pour visiter le parc Fray Jorge situé à 110 km au sud de La Serena, le long de l'océan. Cette réserve nationale couvre 9959 hectares et est recouverte d'une forêt pluviale qui contraste avec les alentours désertiques. Cette forêt survit uniquement grâce au brouillard quasi constant qui la recouvre, c'est de la qu'elle puise toute son eau vue qu'il ne pleut pratiquement jamais ! Ce brouillard est le résultat des eaux chaudes de la rivière Limari se jetant dans le froid océan Pacifique. Hélas, juste un petit chemin d'un kilomètre est praticable pour le touriste, le garde forestier m’annoncera qu'ils sont en train de le rallonger et d'en construire un autre plus bas. Par contre il faut minimum un 2WD pour arriver en haut et beaucoup se retrouve coincés à mi chemin. Je prendrai à bord toute une famille pour les emmenés au bout !

Je suis aussi allée voir une réserve marine à Punta de Choros, environ 60 km au nord de la Serena, plusieurs pingouins d'Humboldt y séjournent, ainsi que plusieurs espèces différentes de cormorans et de bobbies (en français?), plus diverses colonies de lions de mer et un dauphin !!

Je resterai une nuit à La Serena chez les parents de Danny avant de prendre un bus pour San Pedro de Atacama, soit 17 heures de bus !

Sunday, December 26, 2010

Fêtes de Noël chez les chiliens / allemands


Buin se préparant pour le jour de Noël

Je suis rentrée de Valparaiso le jeudi 23 décembre en ayant en tête d'aller passer les fêtes de Noël dans la famille de Danny à la Serena. Tout avait été chamboulé !
Egon et Danny avaient décidé que j'allais filmer mon voyage en ayant comme thème central les choses qui me frappaient, que j'aimais, que je n'aimais pas, au Chili. Ils monteraient ensuite ses petits films dans leur studio (2 pièces d'environ 30 m² au total en état de rénovation...) pour les passer ensuite sur leur chaîne câblée.
Seul hic, je n'ai pas de caméra....

Coin "buanderie" + dortoir / cantine chats de la maison de La Muti

Et en attendant les fêtes de Noël se passaient à Buin dans la famille d'Egon.
La Muti et El Chate (la maman et le papa d'Egon) nous accueillir avec leur hospitalité habituelle.
La Muti nous avait préparé comme souper de Noël une viande de porc, de la choucroute et des pommes de terre à l'eau, le tout arrosé de vin rouge et surtout de boissons chimiques sucrées diverses (beurk). A 7 on a même pas fini une bouteille de vin rouge par contre ils ont pas mal entamé les bouteilles de 3 litres de substance liquide inconnue !
Comme dessert nous avions le traditionnel Pan de Pascua, sorte de cake aux clous de girofle avec de la cannelle et des fruits secs. Très bon quand s'est bien fait comme la Muti sait les faire. Elle en avait préparé une quantité impressionnante (en tout 8 cakes) ainsi que des petits gâteaux secs à la cannelle. Pour finir le tout la boisson populaire chilienne : la cola de mono, sorte de Baileys fait avec du lait, de l'eau de vie, de la cannelle plus autres épices, du café etc. Je n'aime pas trop car c'est un peu écoeurant.
ma chambre avec Nathalie
A minuit, tout le monde s'embrasse et se souhaite un feliz navidad, puis s'ensuit l'ouverture des cadeaux.
En plus de nous 5, il y avait un frère d'Egon (en tout ils sont 5 frères et soeur) et la fille d'un de ses autres frères vivant en Allemagne, âgée de 18 ans. Tous aussi adorable les uns que les autres.
Tout le monde restait dormir pour la nuit donc squat général. Je partageais une chambre avec Nathalie, la petite fille de la Muti, Eric, dormait sur le canapé.
Le lendemain, petit déjeuner gargantuesque, suivit de vaisselle monumentale (pas de lave vaisselle), suivit de déjeuner monumentale, suivit de sieste, suivit de goûter monumentale !
Ouf !!!

La Muti m'a définitivement adoptée ainsi qu'el Chaté qui ne cesse de me sortir les mots de français qui lui revienne (il déteste Neruda!).
Chez eux j'ai un peu l'impression de me retrouver dans la profonde campagne française, une maison simple, avec un système électrique datant de mathusalem, une hygiène inexistante au niveau de la propreté des pièces (notamment de la cuisine !) et un coeur "gros comme ça".
La Muti est le coeur de ce petit monde, on sent qu'elle porte à elle seule sa famille, les amis, sans elle tout meurt.
Des gens aux besoins simples mais à l'esprit gourmand de connaissances.

El Chate passe tout son temps éveillé dans son magnifique jardin sauvage, où sous l'auvent qu'ils ont installés. Il a toute une nursery de plantes qu'il bichonne tous les jours quand il ne lit pas assis sur une chaise devant la grande table, où sur son banc face à une petite marre.
La Muti pendant ce temps règne sur sa maison, ses petits plats, mais pas sur l'ordre (elle a horreur de ranger et de nettoyer). Elle aime la musique des années 50 et est toujours émoustillée par les voix et les photos des crooners de cette époque.

Pablo Neruda

13koIl reste que je ne suis qu'un homme, mais plusieurs vous diront quel homme j'ai été. J'ai toujours lutté pour le peuple et les droits de celui-ci de se gouverner lui-même, j'en ai frôlé la mort plus d'une fois et j'ai même dû me sauver de chez moi pour de longues années. Mais toujours j'ai écrit et aimé la vie. Mon oeuvre a fait le tour du monde et je suis devenu un symbole pour une jeunesse pleine de vie. Les élèves aimeront mon Chant général où je tente de faire sentir toute la beauté du monde. J'aime la vie et le monde. J'ai été heureux dans ma lutte incessante. Notez cher lecteur qu'un film fut fait sur mes relations avec un postier lors de mon exil en Italie, un film merveilleux de tendresse mettant en vedette Philippe Noiret: Il Postino








En arrivant au Chili j'ai découvert Pablo Neruda, poète chilien du XX° siècle. Je l'ai connu à travers ses maisons dont je suis tombée amoureuse. Chacune est un joyau, toutes on en commun le thème de la mer, toutes sont basse de plafond, possèdent de petites pièces, sont intimes, recèlent d'objets rappelant souvent la mer et de bars pour boire un coup avec les amis !

Pablo Neruda, né en 1904 et décédé une dizaine de jours après le coup d'état de Pinochet en 1973 (suite d'un cancer du pancréas), fût un passionné de la langue française, de la mer, des objets, des femmes, de la politique (il appartenait au parti communiste), de la nature et surtout des mots.
Il recevra au cours de sa vie tumultueuse le Prix de la Paix en 1950 et le Prix Nobel de Littérature en 1971.

Il possédait trois maisons au Chili, une à Santiago, la Chascona, une à Valparaiso, la Sebastiana, et une à Isla Negra (environ à 100km au sud de Valparaiso). Chacune représente une époque, une femme différente de sa vie.
Toutes ont été transformées en musée aujourd'hui où on a essayé de réunir ses objets, sa correspondance.
Il était un fervent collectionneur d'objets de toute sorte : coquillages, bouteilles en verres aux multiples formes, tout objet lié à la mer, figures de proues, etc.
Il aimait les verres de couleurs et prétendaient que l'eau n'avait pas le même goût en fonction de la couleur du verre.
Les bas plafonds, les portes étroites, les hublots, les planchers qui craquent, tout est fait pour donner l'impression d'être dans un bateau. Malgré son amour de la mer cet homme ne savait pas nager !

Isla Negra
Ses restes reposent aujourd'hui au côté de sa dernière compagne, Matilde Urrutia, à Isla Negra selon ses désirs.

Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd'hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d'être heureux!


Valparaiso



La semaine dernière j'ai décidé de me rendre à Valparaiso pour quelques jours en attendant que les papiers de transfert de propriétaire de ma voiture soient prêt.
J'ai trouvé sur internet un hostel, Casa Kreyenberg, sur Avenida Alemania, au niveau de Monte Alegre.
Un couple de Chilien d'environ 30 ans gérait l'hostel. Lucia, une artiste peintre et son pololo, Juan Pablo, étudiant en tourisme. Les deux très doux et sympathiques. Lucia essaie de se faire connaitre afin de pouvoir vivre de son art, je l'ai donc mise en contact avec Danny qui lui a proposé de faire un entretien sur sa chaîne câblée (qui n'ai toujours pas ouverte, tout va plus lentement dans ce pays).

Je suis arrivée en fin d'après midi le lundi, après un trajet d'environ 1h30 de bus de Santiago (Valparaiso se situe à environ 100 km à l'ouest de Santiago). Nous n'étions que trois dans l'hostel ce soir là, une suédoise (Emma) de 27 ans et moi dans le dortoir et une argentine (Marina) qui était dans une chambre seule.

Un peu d'histoire maintenant, Valparaiso a été fondé en 1542 pendant la période coloniale. Au 19° siècle cette petite bourgade devint un grand port par où transitait les navires se rendant sur la cote Ouest de l'Amérique du Nord, la ville devint alors la base commerciale pour les sociétés européennes d'import export opérant dans la région du Pacifique. Par là même elle devint aussi un grand centre bancaire.
La vie se développa principalement sur les collines environnantes constituant la base du Valparaiso contemporain. Au 19° siècle le bord de mer de cette baie fut aussi rempli afin de créer une base plane aux pieds des collines, créant "El Plano".
Ce fut pendant cette période de prospérité que de beaux édifices virent le jour sur Cerro Alegre et Concepcion. La ville s'étendit sur les coteaux. La première bourse d'Amérique du Sud vit le jour ainsi que les bureaux du plus vieux journal hispanique "El Mercurio"(1° publication en 1827) qui demeure aujourd'hui le journal le plus répandu au Chili.
Les choses changèrent au début du XX° siècle. Tout d'abord avec l'ouverture du canal du Panama en 1914 puis avec la crise économique des années 30. La ville sombra petit à petit dans l'oubli.
San Antonio, une ville à environ 150 km plus au sud, devint la ville portuaire des containers; les banques déplacèrent leur siège sociale sur Santiago et la classe moyenne déménagea pour habiter Viña del Mar, un bourg voisin de Valparaiso.
Ce n'est que relativement récemment, avec l'argent de l'UNESCO, du tourisme et d'autres aides privées, que Valparaiso commença à renaître de ses cendres. Les maisons sont peu à peu restaurées. Néanmoins peu d'édifices des temps coloniaux demeurent car la majorité ont succombé au tremblement de terre de 1906, aux feux, ainsi qu'aux pillages constants des pirates.

Le Valparaiso d'aujourd'hui est donc constitué du "El Plan" où se trouve son centre des affaires, puis au dessus, recouvrant les collines alentours se trouve une agglomération d'édifices de toutes formes et couleurs qui semblent dévaler les collines, le tout dans un désordre guilleret. Ces collines sont desservies par 15 "ascenseurs", sorte de funiculaire, datant des années 1883-1914.
Cerro Alegre et Cerro Concepcion sont le coeur de la zone désigné protégée par l'UNESCO et représente le symbole de Valparaiso pour beaucoup.
Sur de nombreux murs ont peu découvrir des fresques d'artistes divers, il y'a même un "museo al cielo abierto" sur le Cerro Bellavista où l'on peu admirer 17 oeuvres peintes par des artistes chiliens reconnus.
Une des maisons du poète Pablo Neruda, La Sebastiana, se trouve aussi ici.

J'ai adoré cette ville, contrairement à Santiago elle possède une âme. On sent son côté bohème, ses habitants sont accueillants et vont même jusqu'à vous inviter à visiter leur maison. Ainsi un homme d'une soixantaine d'années, nous voyant prendre des photos de sa magnifique demeure avec Emma, nous a invité à découvrir son jardin avec ses abeilles, nous à présenter à sa famille et ses animaux, puis nous a offert un café dans sa verrière tout en nous contant l'histoire de sa maison et ses projets.

Ville qui mérite de s'y perdre, monter, descendre, remonter, redescendre, prendre un de ses ascenseurs, avoir l'oeil chatouillé par les couleurs intenses d'une fresque murale, voir les énormes paquebots patienter leur tour au loin, les chargements des containers. Le contraste entre la modernité, l'industrialisation et une "bourgade désuète"; un coté où le temps est rentabilisé et un autre où il est oublié.



Friday, December 24, 2010

Feliz Navidad


Joyeux Noël, Feliz Navidad, Merry Christmas
J'espère que vous prendrez autant votre pied que Cali prend sa patte !

Monday, December 13, 2010

The Chilean Way

Statue de la vierge au sommet du mont Cumbre dans le Parc Metropolitano
Rio Mapocho dans Santiago

Voici quelques anecdotes / caractéristiques des chiliens :

A) En premier découvrons certaines expressions purement chilienne :

- "Cachai ?" sorte de ponctuation terminant toutes les phrases et signifiant "tu comprends?" mais sans forcément attendre une réponse. Les hypothèses récurrentes sur l'origine de cette expression sont qu'elle viendrait de l'anglais "to catch", in the sense "did you get it ?", ou du Quechua (langue d'origine inca assez répandue en Amérique du Sud) "k'asha" qui veut dire "joli";
- "Pucha" expression s'utilisant pour exprimer quelque chose de désagréable, de mauvais; ce mot serait issu de "puta", tout comme nous disons "mercredi" pour ne pas dire "merde";
- "huevon"(peut aussi s'écrire comme webon, guevon), s'utilise énormément surtout par la gente masculine. Peut avoir une signification amicale comme le "tio" espagnol, mon pote, ou une signification injurieuse comme le "gilipollas" espagnol, ou connard français;
- "sipo/nopo" au lieu de "si/no";
- "la guagua", le bébé, vient du Quechua;
- "fome" quelque chose d'ennuyant pour ne pas dire chiant;
-"al tiro", immédiatement;
- "pololear" avoir un petit ami, un pololo(a), être dans une relation

B) Les chiliens

Les chiliens ne se décrivent pas forcément en de bons termes, du moins les professeurs que j'ai pu avoir semblent avoir une piètre idée du chilien.
Ce qui pour moi semble le plus choquant est que l'amitié au Chili est toute relative, elle n'existe pas. Si tu as plus d'aisance financière qu'un de tes amis, celui ci peut s'octroyer un de tes objets (par exemple ton dernier portable) en estimant que tu as assez d'argent pour t'en acheter un autre et que ça ne te pénalise pas. Il ne se remettra pas en question en avouant qu'il s'agit d'un vol pure et simple. Pour lui s'est normal. Il ne te demandera pas non plus la permission de prendre l'objet en question, en gros il se sert.

L'autre aspect auquel toute personne est confrontée et qui est absolument horripilant pour un occidental et la stupidité et la lenteur de tout ce qui est administratif (vous prenez le stéréotype du fonctionnaire français, vous multipliez sa bêtise, sa fainéantise et sa mauvaise foie par 10 et vous avez l'employé type chilien). Il faut savoir qu'au Chili pratiquement tous les boulots s'obtiennent par relation, il ne sert à rien d'avoir un CV ce qu'il faut c'est des relations. Au final cela donne des gens à des postes pour lesquels ils n'ont aucune compétence.
Un courrier/colis étant posté de l'étranger pour le Chili prend minimum un mois : quelques jours pour arriver au Chili, puis des semaines dans un coin d'une poste avant qu'un postier décide de nettoyer ce coin là.
J'attends depuis plus de 4 semaines un colis que ma soeur m'a envoyé le lendemain de mon départ... au début j'ai pensé qu'il avait été volé mais tout le monde a commencé à rigoler en me certifiant que je finirai par le recevoir...mañana por la mañana por la mañana!
De même je suis allée au service des impôts pour voir si ils avaient enfin reçu mon RUT définitif (numéro identifiant toute personne au Chili, sans lequel on ne peut rien faire), cela faisait 3 semaines que j'étais passé pour remplir une application dans ce but, l'employé d'alors m'avait dit qu'il me faudrait environ 4 semaines pour le recevoir chez moi.
Je suis tombé sur un abruti qui n'a même pas pris le temps de chercher et m'a répondu que ce document prenait 3 mois a être établi (sachant que le visa touriste est valable pour 3 mois et que cette procédure est spécialement faites pour les étrangers ne possédant qu'un visa touriste...cherchez l’erreur). Il m'a montré sur mon papier temporaire là ou était mentionné les 3 mois, mais il s'agit de la durée de validité de mon papier temporaire et non du délai d'obtention du document définitif. J'ai insisté mais il m'a répondu que c'était son boulot et qu'il savait pertinemment de quoi il parlait. Le fait d'être une femme n'aide en rien à faire avancer les choses, automatiquement vous portez le chapeau de la blonde à deux neurones (quel que soit votre couleur de cheveux) et si vous paraissez intelligente c'est pire car vous représentez une menace pour les "cojones", la virilité du Cro-Magnon face à vous.
Bref, je vais devoir revenir quand Cro-Magnon sera absent.
Ici, quand les gens ne savent pas ils vous disent simplement que c'est impossible. Ils ne cherchent pas à se renseigner, jamais.
Je me suis assez heurtée à cette bêtise quand je travaillais en France et le fait d'être à nouveau confrontée à ce type de comportement me met hors de moi. Je me retiens comme je peux car parfois j'ai vraiment besoin que l'abruti en face de moi fasse son boulot, mais je dois vraiment vraiment faire du self control ! la seule chose qui me console s'est de savoir qu'ils sont comme ça avec tout le monde.

Vue de la colline San Cristobal qui domine Santiago